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  • Théâtre des Petites Lanternes

Alex-Ann Boucher, une artiste affranchie en quête de la source créatrice

Mis à jour : sept. 22

Artiste pour Rivières de Lumières 2020



Un article d’Isabelle Naessens

Cet article fait partie d'une série d'écritures soigneusement choisies et commissionnées dans le cadre de Rivières de Lumières 2020



Il y a de ces rencontres, même parfois très brèves, qui bouleversent. Celle avec Alex-Ann Boucher en est une. On s’est rejoint par visioconférence afin que je dresse un portrait d’elle en tant qu’artiste participant au Festival Rivières de Lumières. On s’est regardé, écouté, laissé deviner. Et c’est elle qui a faire vibrer une corde en moi, celle d’une sensibilité restée à fleur de peau, une corde fondatrice pourtant solide de mon parcours qui m’a fait vaciller. C’est que Alex-Ann cherche à aller au fond des choses.


Il y a des artistes qui naissent artistes ! C’est inscrit dans leurs fibres. Je crois qu’Alex-Ann en est une. Le piano de sa maman, en trame de fond, pour accompagner ses jeux de costumes et ses petits pieds qui dansent, comme un rituel familial. Alex-Ann joue, Alex-Ann danse, elle s’amuse !


Naturellement, elle verse vers le théâtre et met d’abord le pied dans le théâtre contemporain avec les Turcs Gobeurs d’Opium. Accomplie, ce n’est pas sans surprise qu’elle décide de se former aussi en danse. Tour à tour interprète comédienne, danseuse, chorégraphe aussi, du Québec jusqu’en Europe, elle se produit, elle flirte avec d’autres formes d’art, elle participe à des tournées avec le Petit Théâtre de Sherbrooke et la compagnie de danse La Parenthèse d’Angers. Elle ouvre les yeux à ce qui se passe ailleurs, notamment au grand Festival international de théâtre d’Avignon, rajoutant d’autres cordes à son arc. Partout, elle virevolte, elle performe, elle sème des paroles et égrène son chapelet de vers contés. Elle interprète, oui, mais quelque chose la bloque : elle danse sur des mouvements qui ne lui appartiennent pas, elle emprunte les mots des autres.


La création l’a toujours interpelé. Jouxtant diverses disciplines, elle a par ailleurs déjà co-créé avec des jeunes compagnies comme Projets Hybris ou Théâtre Kata. Son travail chorégraphique a été présenté à Montréal au Festival Zone Homa, et au Monument National avec Tangente. C’est sur sa musique intérieure qu’elle veut danser. Un sentiment fort de revenir à la création. Et même de la comprendre.


S’en suit un travail d’introspection. L’art performatif l’intéresse. Comment entrer en relation avec une matière constamment mouvante, dans une interaction inextricable avec le public, l’artiste, le créateur, la création elle-même ?


Dans sa recherche artistique, elle se joint à Rurart (art contemporain en milieu rural) comme conseillère artistique, en accompagnant les processus de création d’artistes. A l’automne 2018, elle entre pour deux ans en résidence fermée solo au Théâtre du Double Signe à Sherbrooke. L’artiste s’interroge sur sa motivation profonde, sur la source, l’origine de la création. D’où je viens, comme personne, et comme artiste, pour offrir une oeuvre et me révéler sans me masquer?


Elle me partage sa quête: « Comment entrer en relation avec les autres? Qu’est-ce que j’ai à mettre en relation? Comment je le fais en tant qu’artiste? ».


Elle cherche à retrouver en nous cette part d’originel, pas encore formé, tracé, marqué. Y puiser l’inspiration créatrice, mais surtout une force innée et vierge. Un travail d’artiste en trois temps naturels, avec son rythme. Inspirer. Laisser la place au silence qui émerge alors, plein de vides et plein d’espaces, source de vérité et de transformations. Expirer la création qui prend forme.


Ce retour à l'origine des choses l’a mené naturellement à sa mère, « matrice des fondations de mon rapport au monde ». C’est aussi là qu’elle est venue me chercher. Devenir maman bouleverse notre être : on crée un être, on est à l’origine de cette personne, une création extraordinaire et vivante. On s’inscrit dans cet être, on laisse une empreinte qui veut dire quelque chose.


C’est cela qu’Alex-Ann essaye d’aller chercher dans l’oeuvre qu’elle nous présente, une oeuvre spontanée, connectée à un soi profond dont elle veut découvrir l’essence. L’artiste cherche à se connecter avec son moi authentique afin de pouvoir dire, et se dire, comme un acte de ré-enchantement du monde, sans automatismes, pour incarner une oeuvre qui n’est pas codifiée ou dogmatisée.


L’oeuvre qu’elle nous présente à Rivières de Lumières est tirée de ses réflexions en résidence au Théâtre du Double Signe, et intégré au projet du Théâtre des Petites Lanternes : nous aurons la fantastique occasion de saisir au vol sa performance vivante, évolutive, unique, personnelle et spontanée. Pour nous faire rêver, pour contribuer à la magie du Festival Rivières de Lumières, Alex-Ann Boucher nous partage en mouvements, en candeur et en toute intimité une parcelle d’elle.





Rivières de Lumières est un festival de théâtre et lanternes produit par le Théâtre des Petites Lanternes. Cette année, l'édition inédite se déroulera entre le 25 et 27 septembre 2020.

Confidentialité

Communiqué de presse

© Théâtre des Petites Lanternes

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